GR5 – de Modane à la Méditerrannée (1/2)

Cela faisait un petit moment que j’y pensais : aller voir la mer à pied, en passant par les montagnes. Le sac sur le dos, le duvet roulé, quelques vêtements, de la nourriture et à l’aventure! Ce fut le projet de l’été 2007, après une demie traversée de la Chartreuse entre Grenoble et le col du Coq en guise de test. Quelques kilos de moins dans le sac, deux boites de Compeed© rajoutées, un TopoGuide ou deux et c’est parti.

Départ prévu le 24 juin 2007, les pieds dans l’eau vers le 7 juillet, soit un peu moins de deux semaines. C’était largement jouable.

Il y a deux choix pour rejoindre la mer par le GR5 : passer à l’ouest, direction Nice, ou par la Vallée des Merveilles, direction Menton. Le second s’imposait; comment ne pas passer par la Vallée des Merveilles?

24 juin : Modane – Névache

Départ de Modane, chargés comme des mulets. Mes parents nous accompagnent jusqu’au col de la vallée Étroite et puis c’est la descente vers l’inconnu. Les paysages sont magnifiques sous un soleil de plomb, les promeneurs dominicaux nous regardent d’un drôle d’oeil. Le rythme est bon mais les sacs pèsent sur les épaules; une pause casse croûte, les pieds dans l’eau d’un torrent bien frais, et c’est reparti jusqu’à Névache. Nous dormirons au dessus du village, à la lisière de la forêt.

Balthazar, Melchior et Gaspard.
25 juin : Névache – Barcelonnette
 
Au petit matin le temps est excécrable, les sommets sont dans les nuages, il pleuviote, bref, l’étape par la Grande Peyrolle est annulée, trop risqué en cas d’orage d’après les guides. Peu importe, nous partons à pied direction Briançon; de là, nous rattraperons le GR. Plus nous avançons, plus le temps se dégrade. Un rayon de soleil nous permet de visiter Briançon brièvement, mais l’itinéraire doit être modifié; le bulletin prévoit une détérioration de la météo, alors que le beau était prévu la veille…

Nous tentons de trouver une navette afin d’avancer l’étape d’un jour, et de rejoindre le beau plus au sud. C’est peine perdue, il n’y a plus de navettes (merci les bouquins pour les infos pas toujours mises à jour dans les rééditions!). Le but est de rejoindre le col de Larche, à partir duquel – nous dit-on – il fait toujours beau. Plusieurs heures de recherches infructueuses plus tard, nous faisons le bilan : météo qui se dégrade de plus en plus, pas de navette, pas de route assez fréquentée pour faire du stop. Nous décidons de rejoindre Barcelonette par train et bus, et de repartir à pied à partir de là.

26 juin : Barcelonnette – Auron
 
Le beau temps est revenu, mais les navettes pour le col de Larche toujours inexistantes. Nous décideons de couper par le col de la Bonnette – à pied – et de rejoindre la vallée de la Tinée pour rattraper le GR. Trois voitures nous prennent successivement enstop et nous déposent au col, cela nous évite de longues heures de marche sur le bitume brûlant.
Du col de la Bonnette nous repartons sur St Etienne de Tinée, à pied, mais une voiture nous descendra jusqu’au village. On sent déjà le climat du sud plus chaud, beaucoup plus chaud… Quelques heures de marche en forêt et nous arrivons à la station de ski de Auron, où nous passons la nuit.
27 juin : Auron – Roya
 
Après une nuit bercée par les aboiements de chiens, nous attaquons enfin une vraie journée de marche, sans route et sans racourcis. Une source anciennement aménagée par les bergers nous permet de prendre notre première ‘douche’. J’ai appris ce jour là qu’un shampoing au savon de Marseille était à proscrire. Le paysage est magnifique, nous traversons des troupeaux de moutons gardés par les patous, la progression partiellement en forêt permet de ne pas subir la chaleur écrasante et les cours d’eau nous permettent de nous rafraichir.
Nous mangeons le soir en compagnie des marmottes qui sifflent et des chamois broutant sur les versants, au calme et au frais. (1900m) La tente est plantée dans d’anciens parcs à moutons en pierres, non loin de l’ancienne bergerie aujourd’hui transformée en squat malodorant.

28 juin : Roya – Saint Sauveur sur Tinée
 
Après une nuit plus que fraiche, nous reprenons la marche direction le col de Crousette (2450m) et la vallée de la Tinée. Le torrent nous permet de remplir les gourdes et, plus en amont, au soleil, de passer à l’eau nos tee shirts et chaussettes de rechange.
 
Bientôt, nous quittons les verts parturages pour entrer dans un paysage lunaire. Nos rencontrons de nombreux randonneurs, assez bruyants pour faire fuir les quelques chamois présents sur les cimes. Malheureusement, ils suivront le même chemin que nous une bonne partie de la journée…
 
 
 
 
 

Nous filons devant les autres randonneurs pour faire une pause casse croûte, en compagnie de gypaètes qui attendent les miettes. Nous reprenons notre route, traversant encore des troupeaux de moutons. Les patous sont impressionnants, mais si l’on reste tranquilment sur le chemin, ils nous laissent sagement passer.

Nous arrivons enfin aux granges, qui ne sont pas abandonnées mais belle et bien habitées. Des propriétaires qui rénovent un chalet ne voient pas d’un bon oeil que l’on campe là pour la nuit. Nous continuons donc de marcher, pensant trouver un coin plus tranquille. Dommage, le sentier serpente dans les talus et redescent dans la vallée. Nous marchons jusqu’au village de Saint Sauveur. Arrivant à 20h, le camping municipal est ouvert mais les gérants sont rentrés chez eux. Nous nous installons pour la nuit, profitant des douches chaudes pour nous décrasser.

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