GR5 – de Modane à la Méditerrannée (2/2)

29 juin : Saint Sauveur sur Tinée – Col de Veillos

Le réveil matinal par des klaxons est assez violent. Nous replions les affaires et quittons le camping, sans avoir vu les gérants. L’argent économisé sera dépensé en viennoiseries et café à la boulangerie du village. Un papy nous conseille de prendre une voiture pour monter à St Dalmas Valdeblore. Nous partons donc à pied par la route. Les voitures nous frôlent, personne ne nous prend en stop. Nous marchons environ une heure avant de monter dans un 4×4. Une dame et ses deux enfants nous dit que nous en aurions eu pour la journée en prenant le GR!

Nous profitons de la supérette de la Bolline pour acheter quelques vivres et envoyer des cartes postales. Nous sommes à la bifurcation entre le GR5 qui va à Nice et le GR 52 qui file sur Menton. Nous suivons ce dernier, sous une chaleur accablante, et arrivons au village de Saint Dalmas. Quelques km après le village nous tombons sur un champs de fraises des bois. Nous repartons une demie heure plus tard, l’estomac plein, en direction du col de Veillos.

Je nouse pousse à garder un bon rythme, et nous arrivons à destination à 20h, à la teombée de la nuit. Le vent souffle fort, compliquant le choix du lieu d’implantation de la tente. Devant satisfaire un besoin naturel, je monte au dessus du col, et là, surprise : une cabane! Elle repose sur un socle en béton, la porte et les volets fermés. Je tente d’ouvrir la porte, qui risque fort d’être fermée à clé. Deuxième surprise! La porte est ouverte, et donne sur quelques mètres carrés occupés par un lit, un vieux four à gaz et quelques vieilles casseroles. La décision est prise : nous posons les duvets sur le matelas, bien au chaud, à l’abri du vent. 

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30 juin : Col de Veillos – le Boréon
 
Nous ne sommes qu’à quelques jours de la vallée des Merveilles. C’est avec cette pensée que je pose les pieds par terre, et là, on me poignarde le genou gauche. Il a doublé de volume dans la nuit! J’ai trop forcé les deux derniers jours, mon genou proteste. J’avale deux anti inflammatoires, je remet ma genouillère, et nous montons doucement aux magnifiques lacs de Millefont.
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Nous nous débarbouillons vite fait bien fait et continuons en direction du col du Barn. La redescente est interminable, je me sers de mes bâtons comme de béquilles. Nous faisons un bilan une fois le vallon atteint; la vallée des Merveilles n’est plus envisageable, trois à quatre jours sans échappatoire, sans route, c’est impossible. Nous décidons de rattraper le GR qui part sur Nice.Un quinquagénaire nous propose de nous conduire au Boréon, le village d’en dessous, étant donné qu je traine la patte sur la route forestière. Il reviens de deux jours de randonnée, avec pour seul paquetage une couverture et un peu de nourriture. Il nous dit n’avoir vu le loup q’une seule fois en quarante ans. Qui de lui ou du loup a eu le plus peur, il ne sais le dire, mais le loup fuit l’homme, et c’est tant mieux pour lui.Nous trouvons un charmant camping au Boréon : espaces engazonnés, torrent où pataugent les marmots, et un gérant très sympatique originaire de…Chambéry! Nous passons l’après midi à se reposer, après une bonne douche au produit vaisselle qui décrasse comme il faut, avant de déguster une bonne pizza.
1er juillet : le Boréon – Saint Dalmas Valdeblore
 
Pour repartir direction Nice il nous faut retourner à la bifurcation du GR, à Saitn Dalmas. Deu voitures nous prennent en stop et nous plantons la tente au dessus du village en début d’après midi, après avoir englouti un sandwich et une glace à la brasserie du village.
2 juillet : Saint Dalmas – les gorges de la Brasque
 
J’ai passé la nuit à glisser dans mon duvet et à écouter la pluie tomber. Nous plions les affaires rapidement et attaquons la montée direction le col de Varaire. Nous prenons le temps de discuter avec des VVTistes là haut, entre deux averses. Nous marchons moins vite, et avons prévu de réduire la longueur des étapes. Le GR 5 est de touta façon plus court que le GR 52, nous avons le temps.

Nous arrivons en fin d’après midi aux grandes de la Brasque, village presque fantôme, qui sert apparemment de colonie de vacances et de résidence secondaire. Un couple de fermier nous indique un chalet où nous pouvons dormir, il sert aux fêtards du weekend. Nous leur achetons une tomme fraiche, qui est engloutie en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et installons les duvets sur les sommiers à ressort dans le chalet. Une nouvelle fois, c’est du bivouac trois étoiles!

 

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3 juillet : les granges de la Brasque – Roquebillière

Réveil glacial, le chalet est à l’ubac. On ne perd pas de temps à reprendre la route, et là, après quelques minutes de marche:

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3 kg?! Mon radar à champignons fonctionne à plein régime, d’autant plus que nous croisons deux italiens avec des sacs poubelles à la main… Nous restons près du chemin mais petit à petit, nous avons de quoi faire un bon repas :
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Le soleil tappe fort, la forêt se fait de plus en plus rare et le chemin semble interminable. Nous serpentons entre des collines de caillasse, le chant des cigales nous monte à la tête. Utelle, petit village en haut d’une colline, apparait enfin. Malheureusement, les moindres replats sont utilisés comme jardins, et il nous est impossible de planter la tente. Nous continuons donc la descente sur la vallée, espérant trouver de quoi passer la nuit. Une dame nous renseigne et nous indique un pré en fond de vallon, près d’une rivière, où elle allait camper étant plus jeune.

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Nous longeons donc les gorges, les voitures nous frôlent et il nous faut traverser à chaque virage pour rester visible, le soleil se couchant. Une voiture pile et nous dit de monter; dans l’urgence nous ne réfléchissons pas et grimpons dans la voiture. L’homme nous inquiète d’abrod, nous proposant une pièce pour dormir après nous avoir demandé ce que nous faisions avec de si gros sacs. Méfiante, je refuse d’abord, mais nous apprenons vite qu’il est en fait le curé de la vallée. Il vient de Pologne et a appris le français avec une bonne soeur quand il était jeune. Nous acceptons, et il nous passe sans crainte la clé de la salle de cathéchisme.

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Nous faisons enfin cuire les champignons; j’y ai pensé toute la journée! Ils sentent bons, ne sont même pas véreux. Mais après quelques minutes de cuisson ils deviennent vert, et ne sentent pas comme d’habitude. J’appelle mon père, qui me conseille de ne pas les manger. Dans le doute, je les jette. Quelle déception! J’apprendrais plus tard que les champignons étaient en fait comestibles, mais non connus en Savoie. Je le saurais pour la prochaine fois!

4 juillet : Roquebillière – Menton

Les sonneries de cloche chaque heure ne nous ont pas empêché de dormir comme des marmottes. Nous rangeons rapidement et partons rendre la clé à l’assitante du curé, qui nous offre le petit déjeuner. Le curé nous rejoin un peu plus tard et, après discussion autour des cartes de randonnée et horaires de bus, il nous propose de nous amener à Nice, étant donné qu’il doit s’y rendre dans l’après midi. Nous sommes à un jour, deux maximum de NIce à pied, et les deux nous déconseillent de camper aux alentours de Nice. La randonnée est donc finie, nous acceptons et retombons dans le brouhaha urbain à contrecoeur.

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Il nous reste à trouver un camping en attendant le weekend. Un camping à la ferme – à une demie heure de marche nous dit la propriétaire –  nous semble pas mal. Il nous faudra en réalité plus de trois heures de marche, après avoir rejoint Menton par bus depuis Nice. Deux énormes dobermans nous accueillent. Nous sommes les seuls campeurs, le couple qui nous reçoit est assez froid au premier abord. Finalement, après quelques verres de Jack Daniels, le papy se met à bavarder, et nous explique que le nuage que nous voyons au loin est en fait un incendie près d’Antibes. Bienvenue dans le sud!

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5 et 6 juillet – Menton
 
Le camping se situant à 700 m d’altitude, il n’y a pas de cigales. C’est bien un des seuls points positifs de notre petit camping. Le sol est dur comme de la pierre, les douches n’ont pas servi depuis un bon moment, et l’idée même du trajet à effectuer aller et retour pour piquer une tête est démotivant. Nous décidons donc d’écourter notre séjour et d’aller planter la tente au camping municipal de Menton, le seul camping de la ville. Le petit déjeuner est pris à Castellane, village médiéval suspendu au dessus de Menton.
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Nous passons les deux derniers jours à visiter la ville et à se baigner. L’envie de partir en courant dans les montagnes est tentante, mais nous résisterons, notamment sous la pression d’un glacier et du sable blanc…
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Bilan : la randonnée prévue à la base a quelque peu évolué, en partie à cause de la météo et de mon genou. Malgré cela nous avons fait nombre de rencontres enrichissantes, usé nos semelles, mangé plus de Bolino© en deux semaines que je ne l’aurait cru possible, et voyagé à travers des paysages grandioses et sans pareil. Même si la vallée des Merveilles reste un grand regret, ce n’est que partie remise!

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